le bal des louves La vengeance d'Isabeau - Mireille Calmel

Publié le 20 Février 2006

Albérie a rejoint Isabeau à Paris avec Marie qu'elle fait passer pour sa fille et avec Ma, la louve autrefois Loraline. Tout va pour le mieux, Marie grandit dans la cour des miracles et Isabeau à la mort de Rudégonde est devenue la propriétaire de la boutique, ce qui lui donne une place de rang à la cour. La vengeance d'Isabeau réapparaît lorsque Chazeron se fait confier un poste à Paris.

On retrouve dans ce tome, Michel De Nostre Dame, plus communément appelé Nostradamus. Ce paragraphe mettant en scène ce mythe face à Paracelse m'impressionne beaucoup.
Une phrase qui m'a marqué : Le doigt du destin. Le hasard n'existe pas. Tout est écrit dans l'oeuvre de Dieu.
Cette phrase pointe du doigt une de mes grandes interrogations. Tout est-il écrit ou avons nous le choix de notre destin? Avec les années, j'ai compris que chaque action à sa conséquence, comme en physique, une action amène toujours une réaction. Cependant, dans la vraie vie, il faut prendre en compte des facteurs extérieurs qui font que dans certaines situations nos choix sont bons mais que si l'on change certains facteurs, ces mêmes choix deviennent moins bons. Et nous ne sommes pas maître de ses facteurs, j'en venais alors à me dire que nous ne sommes pas maître de la totalité de notre destin. D'un autre côté, il est parfois plus rassurant de se dire que notre vie est ainsi car elle était écrite ainsi. Enfin bref, le genre d'interrogations sans fin sur soi que l'auteur a su exprimer en quelques phrases.
Dans une deuxième partie de l'histoire, plus que jamais, Isabeau recherche le secret de la pierre philisophale. Ceci me fait penser à "L'alchimiste" de Coelho, c'était dans ce livre que j'avais découvert la légende de cette fameuse pierre. Dans le bal des louves, la différence de cette quête est la recherche de l'alakeist à des fins de transmutations qui aidera Ma et Albertine a retrouver une vie normale.
Un autre côté omniprésent de ce tome 2, est la vie à la cour. Après Isabeau, c'est marie qui se retrouve invitée à suivre le roi dans ses voyages. On y découvre les habitudes de la cour, les fêtes, les voyages mais surtout les intrigues amoureuses et la recherche du pouvoir.Nous sommes au coeur du système des épouses par devoir et des maîtresses officielles et officieuses. Ce point apporte une grande sensualité au livre. Sans être érotique, le livre nous amène sur l'acceptation du désir, de l'assouvissement de celui-ci. Il montre la différenciation entre le désir et l'amour. A voir maintenant, si l'on adhère à cette vision ou pas. Désirer un homme et aimer un autre, est-ce contradictoire? Les décisions de Marie tendent à montrer que non. Une autre interrogation me vient alors à l'esprit. Si le désir pour un autre est normal, où commence "l'infidélité"? Pour moi, elle commence lorsque l'on fait des choses que l'on n'aimerait pas que notre moitié nous fasse. "Ne fais pas ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse". Et pour vous, où cela commence?
En bref, nous avons ici, une écriture bien plus sensuelle, tendre et douce qui se lit avec volupté. Ce n'est plus le côté dur et sauvage du tome 1. L'histoire a gagné en profondeur, en faits et en intérêt.
Une autre chose qui m'a beaucoup fait rire, est l'introduction du personnage de Rabelais dans l'histoire. Nous avons une confrontation de style entre Rabelais et Ronsard. Et me vient à l'esprit la confrontation de "Gargantua" et "Pantagruel", deux géants fan de nourritures que l'on pourrait associer à des porcs (Notons que ces deux personnages étaient des caricatures des nobles et de la cour qui avaient l'habitude de ses orgies de nourriture) et en face, nous avons ces vers "Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil". Le contraste avec les géants grotesques et les mots mignonne, rose, soleil est vraiment drôle je trouve. Ce passage m'a beaucoup fait rire. Une personne qui m'aurait vu rire comme çà, m'aurait prise pour une folle. Mais vraiment lorsque vous lirez ce passage avec Rabelais, souvenez vous des personnages de Gargantua et Pantagruel et vous verrez que la scène devient très comique ainsi que les scènes décrivant les repas. Le livre se termine sur la recherche ininterrompue de l'alakeist et là d'autres légendes se rejoignent : Les tablettes de Salomon, le temple de l'arche. Enfin, le livre se conclut d'une manière particulièrement étrange sur une légende très célèbre, légende qui m'a talonné tout au long du livre et que j'ai apprécié retrouver à la toute fin.
En résumé, une lecture très appréciable qui mêlent de nombreuses croyances.

Site de mireille calmel

Rédigé par majanissa

Publié dans #saga

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Commenter cet article

hydromiel 14/12/2006 13:42

Les deux tomes m'ont bien plu. Tout comme les autres livres de l'auteur. J'aime son écriture et les histoires qu'elle nous raconte. Avec une préférence pour le premier que j'ai lu d'elle "Le lit d'Aliénor"

majanissa 14/12/2006 15:02

J'ai vu que tu avais lu lady pirate. ils sont dans mes projets lectures également :-).