Publié le 23 Mai 2014

Créature de la nuit – Kate Thompson

Je commence par mes attentes du livre. La page de couverture représente en arrière plan une maison qui a pas mal vécu. Au milieu, en premier plan, une forme aux traits et allure de fillette en blanc, très floue et comme de la poussière d’étoile qui émane d’elle. J’espérais du fantastique, une enquête, peut être une maison hantée ?

Bobby, sa mère et son jeune frère Denis emménagent dans la campagne Dublinoise. Bobby enrage contre sa mère qui cherche à l’écarter de la ville où il s’amusait tant à chourrer et détruire des voitures, voler, dealer. Qu’est ce qu’il se marrait, le pied. Ici il n’y a rien à faire, il se fait chier. Elle va voir la mère si elle réussit à le forcer à rester là. Et puis qu’est ce que c’est que cette baraque dont l’ancien locataire a disparu subitement et dans laquelle une petite fille aurait été assassinée. « Créature de la nuit », j’espérais vraiment un livre frissonnant avec du surnaturel, de la peur, du stress. A la place c’est un roman sur l’adolescence, sur un petit con qui en fait voir de toutes les couleurs à sa mère paumée complètement dépassée, sans situation, qui survit d’aides et qui a autre chose à s’inquiéter que de passer son temps à surveiller un sale morveux qui fait tout pour l’emmerder. Bon sang si mes gamins pouvaient éviter de prendre ce chemin là, ma santé mentale leur serait particulièrement reconnaissante. Elle fait ce qu’elle peut à hauteur de ses possibilités et de ses moyens. Je ne me permettrais pas de porter un jugement sur l’ éducation qu’elle donne à son fils, il faut à un moment que les adolescents se prennent en main et comprennent que l’on essaie de faire ce que l’on peut, souvent maladroitement, jamais assez bien à leur goût mais ce que l’on fait c’est pour eux, pour les accompagner au mieux, pour leur permettre de s’en sortir. Ca ne leur convient pas, de toute façon on est nul et ce que l’on fait c’est nul. Soit il a le droit de le penser mais pas de jouer à l’abruti comme il le fait. C’est un emmerdeur un point c’est tout. Voilà tout le bien que je pense de ce garçon qui est cependant comme sa mère, totalement paumé, sans repère et c’est l’autorité de Mr Dooley qui va le sortir du gouffre. Il va ouvrir les yeux sur la situation de sa mère qui l’a eu à 14 ans, l’âge qu’il a au moment du récit.

Je rappelle cependant que le livre évoquait la disparition subite de l’ancien locataire et les croyances de la vielle Dooley concernant une petite fée à laquelle Denis est particulièrement attachée. Cette histoire passe en second plan et ce qui aurait pu être un bon fil conducteur pour le livre passe totalement à la trappe. Une fois que j’ai fait le deuil de l’enquête sur la disparition et l’assassinat de la fillette c’est un livre qui m’a fait fulminer. Bobby m’a mise en rage une bonne partie du livre. La mère m’a fait pitié mais m’a également mise en colère par sa faiblesse et Denis m’a vraiment peinée. Tout au long de la lecture, je me suis demandée comment je gèrerai si mes enfants prenaient le même chemin. Ca ne m’empêchera jamais de les aimer et d’essayer de les sortir des ennuis s’il le faut et ça m’a de manière effrayante rapproché de la mère. Cette impuissance face à son enfant qui dérive de façon incontrôlable et ingérable. Difficile mission que d’être parent. J’espère qu’ils s’en rendront compte un jour.

Le livre se termine cependant de manière très optimiste. Bobby retrouve une voie plus raisonnable. J’ai beaucoup apprécié l’homme qu’il est devenu.

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Rédigé par Majanissa

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Publié le 23 Mai 2014

Le mystère de la chaussette orpheline et autres tracas du quotidien – Colombe linotte

Présentation de l’ouvrage (amazon) :

Colombe Linotte vit dans un monde parallèle. De ses crises de rangements compulsives aux embûches semées par Luluchatigré, la chatte diabétique, en passant par les velléités écologiques quelque peu draconiennes du Mâle, Colombe Linotte se débat quotidiennement dans un univers à la fois unique et totalement universel. C’est au moment où j’ai fermé le robinet de la douche que j’ai réalisé que ma serviette était au premier étage. J’ai dû me rendre à l’évidence, on ne peut pas sécher entièrement son corps avec un disque de coton. Alors j’ai accepté l’inéluctable (mais j’ai quand même mis mes chaussons). J’étais assez crédible en réunion puis ça m’a gratté sous la voûte plantaire. J’ai eu à peu près le même rire que Falkor le chien volant de l’Histoire sans fin. J’avais le bras trop court, la vitre trop haute, la voiture trop loin ET MA CEINTURE. Il me semble aussi avoir vu une rivière de lave entre moi et le distributeur de tickets de parking.

Colombe Linotte est une blogueuse humoristique, chroniquant le quotidien (https://colombelinotte.wordpress.com/). Elle rassemble dans son recueil « le mystère de la chaussette orpheline », des anecdotes, de l’humeur, de l’humour. Chaque petite histoire, remarque est un véritable clin d’œil à notre quotidien. Ca rassure, on n’est pas seul dans certaines débilités. Et ça fait rire. Ces récits sont poilants, c’est bien tourné, c’est bien raconté. Un bol d’air frais après des journées un peu mornes ou pour justement se mettre de bonne humeur le matin. C’est très court, il y a un gout de trop peu d’ailleurs mais ça se lit très bien.

Quelques exemples :

P45 : J’ai décidé de ne plus acheter de nouveaux produits de beauté tant que je n’aurai pas entièrement vidé les flacons entamés qui encombrent l’armoire de la salle de bain[…]

P61 : Dans la même journée, j’ai été la victime d’un bisou goutte au nez et d’une manche eau de vaisselle. Si demain ma chaussette tombe dans la flaque du vestiaire de la piscine, je prends 5 jours de vacances.

P72 : Au bureau, il y a eu débat pour savoir qui de Jude Law ou de brad Pitt était le plus beau. Fadaises, Léo dans sa cotte de maille derrière l’aquarium. Les vrais fans SAURONT.

P73 : Je ne peux pas aspirer la brosse de mon balai, j’ai peur qu’il ne se vexe. La dernière fois que j’ai passé l’éponge sur le goulot du liquide vaisselle, il n’a pas moussé pendant un mois.

P80 : Je suis atteinte du syndrome de l’alzheimer ferroviaire. J’oublie instantanément mon numéro de place après en avoir pris connaissance. Je le vérifie 2 fois à la borne, 2 fois sur le quai avant de monter dans le train, 2 fois dans le couloir et 2 fois assise. […]

P93 :Depuis que j’ai acheté tout Twilight, je suis coincée dans une faille spatio temporelle entre 17 et 18 ans et je n’ai plus qu’un seul et unique but : lire en chaussette toute la journée. J’ai même du interrompre la lecture de l’histoire de France […]. Il faut quand même que je comprenne cette histoire de vampires canons (je lui ai touché la main à la cantine, c’était trop bien) […]

P94 LuluChatigré a dormi 56h en 3jours et changé 3 fois de position[…] Moi je dors 10 minutes de travers dans le train et ma jambe est paralysée par des fourmis. Les chats nous survivront.

P99 : Tu as l’air soucieux ai-je dit au mâle qui lisait le Monde. Tu penses à la guerre Israélo-palestinienne ? – On ne dit pas guerre, on dit conflit.

Je n’ai pas moufté mais Chewbacca ne va pas être content, il faut refaire toutes les affiches.

P125 : Aujourd’hui j’ai vu pointer un rayon de soleil. Alors j’ai immédiatement investi dans un plant de basilic. Il est déjà mort 2 fois. En moyenne le basilic meurt 10 fois. Mort de froid, de chaud, de soif, noyé, sous la grêle, sous attaque terroriste de limaces, dépoté par chute de rambarde, inexpliquée, par esprit de contradiction, par vengeance.

Et vous, osez me dire que vous n’avez jamais connu la solitude de la chaussette orpheline ?

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Rédigé par Majanissa

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Publié le 12 Mai 2014

L'abécédaire de la ville - Jean Pierre Dupuis

Number One est en Grande Section, elle élabore un abécédaire à l'école. L'alphabet, les différentes manières d'écrire les lettres, le son des lettres, reconnaitre les lettres dans un mot et y associer le son, elle est en plein dedans. J'avais pris un abécédaire poster de chez Jouet Club, elle avait reçu un abécédaire poster princesse, je lui avais également pris un abécédaire livre dense très dense, un peu trop à son âge.(Abécédaire Pour apprivoiser les lettres)

L'abécédaire de la ville est très épuré. Sur la page de gauche il y a l'illustration du mot écrit en page droite. Sur la page droite il y a la lettre écrite de plusieurs manières, le mot présenté écrit sur des lignes à écriture et le mot écrit dans un autre style. C'est simple, ludique, très bien pour un enfant qui débute dans la lecture, vers 5-6 ans. Ma fille fait 2 mots chaque soir et ça se passe plutôt bien. Les images qui accompagnent sont inhabituelles mais très sympa. Ca change des dessins basiques, l'éternel crocodile pour le C, éléphant pour le E. Là c'est de l'art de rue, des oeuvres de "graffeurs", des fresques, des inscriptions, des tags. J'aime beaucoup les images choisies. C'est coloré, vivant, les photos sont bien choisies. Ca permet d'ouvrir l'univers des enfants de cet âge, c'est très bien.

EN bref, un abécédaire très appréciable et très ludique pour un enfant de 5-6 ans.

L'abécédaire de la ville - Jean Pierre Dupuis
L'abécédaire de la ville - Jean Pierre Dupuis

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Rédigé par Majanissa

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