Publié le 26 Mars 2006

N'oublions jamais

Après la lecture de "Feux de saint Jean sur la colline" et notamment le passage sur la résistance bretonne, je me suis souvenue que j'avais eu un article lorsque j'étais en 6è sur des résistants bretons. En fait, il s'agit de lettres. Les voici.

Le 10 décembre 1943, la gestapo arrêtait au lycée Anatole Le Braz, à la suite d'une dénonciation, un groupe d'élèves et d'élèves-maîtres des classes terminales. Ils étaient affiliés au mouvement de Résistance "Front uni des Jeunes Patriotes". Trois de ces jeunes : Pierre le Cornec, Yves Salaün et Georges Geffroy, furent condamnés à mort par le tribunal militaire allemand de Paris et fusillés au Mont Valérien le 21 Février 1944. Huit autres lycéens furent déportés au camp de concentration de Newengamme où cinq d'entre eux moururent de privations et de mauvais traitements.
        Tous étaient âgés de dix huit ans.
                                N'oublions jamais.
Guy Allain, Louis Le Faucheur, anciens élèves arrêtés le 10 Décembre 1943, déportés à Newengamme et seuls survivants.


Lettre de Pierre Le Cornec
Elève au Lycée de Saint Brieuc
Fusillé au Mont Valérien le 21 Février 1944 à l'âge de 18 ans et demi

                                                                                    Fresnes le 21 février 1944
        Ma bien chère maman,
        Mon bien cher papa,
        Chère grand mère, chère Nicole, cher Guy,
 
  Mes deux camarades et moi, sommes maintenant réunis dans la même cellure, il est 11 heures, on vient de nous annoncer que nous étions tous trois condamnés à mort et que nous serions exécutés à trois heures cet après midi.
  Nous avons été jugés le vendredi 11 février et condamnés à mort ce jour là; je n'ai pas voulu le dire à papa mercredi.
  Notre avocat à présenté le recours en grâce qui a été rejeté.
  Nous allons donc mourir, nous allons mourir pour la France et tous trois nous en sommes fiers.
  Je pense avec une grande tristesse à ce grand chagrin qui va être le vôtre, et c'est maintenant que je me rends compte de tout ce que vous avez été pour moi, et de tous les sacrifices que vous vous êtes imposés pour moi, je ne sais vous remercier comme il le faudrait.
  Ne vous laissez pas abattre par ce coup qui vous frappe, songez à tous ceux de mon âge qui meurent obscurément sur tous les fronts.
  C'est la guerre avec toute sa cruauté, la guerre que le peuple français mène pour que la France revive.
  J'ai été soldat, j'ai fait tout mon possible pour mon pays.
  Ma vie a été courte, mais j'ai le sentiment qu'elle a été belle car j'ai eu un idéal.
  Je vous embrasse tous bien tendrement, une dernière fois.

PS - Je viens de recevoir les derniers sacrements. Priez pour moi.
                                                                                                                Pierre


Lettre de Yves Salaün
Elève au Lycée de Saint Brieuc
Fusillé au Mont Valérien le 21 Février 1944 à l'âge de 18 ans

                                                                                                        Fresnes le 21 février 1944
        Bien chère mère, bien cher père,
               Bien chers tous,

  Nous voici réunis tous les trois, Le Cornec, Geffroy et moi, dans une cellule qui verra les derniers moments de notre vie. Car on vient de nous notifier la confirmation de la terrible sentence. Terrible? Certes, elle le sera plus pour vous que pour moi car la mort ne fait pas peur à un soldat. N'allez surtout pas croire que je suis égoïste et que je ne pense qu'à moi, car c'est à vous que je pense et à tous les sacrifices que vous vous êtes imposés, vous nénaine et parrain pour m'élever. Je ne vous ai peut être pas donné toutes satisfactions que vous étiez en droit d'attendre de moi, mais j'ai suivi ma voie. J'ai toujours eu l'ambition d'être soldat, j'en ai l'âme. Ne pouvant faire partie d'une armée régulière, j'ai fait partie de cette armée souterraine et obscure de la Résistance. J'en connaissais les dangers, mais j'en avais compris la sublime grandeur.
  J'ai joué, j'ai perdu ce que d'autres gagneront, j'ai combattu pour un grand idéal : la liberté. Je mourrai avec la satisfaction certaine de savoir que d'autres achèveront l'oeuvre que j'ai, que nous avons tous commencée, qui mourons pour que la France vive.
  Il ne faut pas vous laisser abattre, par la terrible nouvelle mais relever le front devant l'adversité. Cinq des Salaün sont déjà tombés pour la France et je n'ai qu'un regret, c'est de ne pouvoir perpétuer cette famille si éprouvée par les guerres.
  Je ne puis vous exprimer dans cette lettre toute la tendresse que j'ai pour vous, mais je suis sûr que vous la ressentez, bien que vous soyez en droit de croire que j'aurais pu la manifester d'une autre façon, mais que voulez-vous le mal est fait et il n'y a pas à revenir sur cette question. Il est midi et nous avons encore deux heures à passer à la prison, mais je suis étrangement calme, car je m'étais fait à l'idée de ce qui m'arrive et de plus je suis sûre de pouvoir chanter, même devant le poteau.
  Je n'ai pas parlé d'Annick, de Michou, de mes parents et amis, de Jean en particulier, mais combien je pense à eux.
  Adieu donc, chers parents, dites adieu pour moi à la famille et aux amis. N'oubliez pas Marie. Ma suprême pensée sera pour vous et pour la France, ma patrie.
                                                                                        Yves

Lettre de Georges Geffroy
Elève au Lycée de Saint Brieuc
Fusillé au Mont Valérien le 21 Février 1944 à l'âge de 18 ans

                                                                            Fresnes le 21 février 1944
        Ma bien chère maman, mon bien cher papa,
            Ma chère petite Yvonne,

  Il y a quelques instants, on est venu me chercher dans ma cellule et maintenant me voici avec Yves et mon autre camarade Le Cornec. Mon cas était plus grave que je ne le pensais, voyez-vous mais jamais je n'aurais pensé mourir de cette façon.
  J'étais jeune et j'avais confiance dans ma jeunesse.
  Pauvre maman, que de chagrin, que de tourments t'ai-je donnés!!!
  Enfin, c'est la vie, que voulez-vous, s'il y a un au-delà, espérons que je vous y retrouverai.
  J'avais toujours eu l'ambition d'être soldat, de servir ma patrie, voilà ce qu'il m'en coûte. Cependant, je ne regrette pas ce que j'ai fait sur cette terre. Comme Yves, j'ai joué et j'ai perdu.
  Naturellement, je ne vous dirai pas que je ne regrette pas la vie que je passais auprès je vous. J'étais heureux et vous m'avez été vraiment de bons parents. Je ne voudrai pas que vous me preniez pour un ingrat. Non.
  Je ne peux vous exprimer dans cette lettre toute la tendresse que j'ai pour vous. Les mots ne me viennent pas, mais soyez-en assurés.
  Il est midi, le pasteur catholique vient de passer parmi nous. Bien que n'ayant jamais pratiqué, je vais me confesser.
  L'exécution doit avoir lieu à 3 heures. Sans doute viendra-t-on nous chercher dans deux heures.
  Ce qui me coûte le plus c'est de vous laisser sans vous avoir vus avant de mourir. J'aurais tant aimé, vous embrasser une fois encore.
  J'ai au greffe de cette prison, des affaires personnelles que j'aimerais voir entre vos mains : portefeuille, stylos. Quant au sac de scout et à la couverture blanche, ils appartiennent à des camarades ( Rinve et Le Mée).
  Je vous quitte mes chers parents, en vous envoyant mes derniers baisers.
  Votre fils qui vous aime tendrement.
                                                                                        Jo
PS - Mes meilleurs baisers aux grands mères, aux tantes et aux oncles.
 Mes meilleurs souvenirs à Mr et Mme Rolland.

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Rédigé par majanissa

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Publié le 23 Mars 2006

"Maktub" est un ensemble de textes regroupant un échange entre un maître et son élève, des récits vécus, des traces de livres qui ont marqué l'auteur.
Le livre n'a pas de fil directeur spécial si ce n'est celui de la spiritualité.
Certaines choses ont éveillé ma curiosité. L'auteur évoque le livre de Malba Tahan qui s'intitule "Maktub" également. Après quelques recherches qui ne m'a donné aucun résultat en français pour le livre, j'ai du me résilier à enfin utiliser mon espagnol.
Qui était Malba Tahan?
Un mathématicien brésilien amateur de contes orientaux.
Le livre le plus connu de cet auteur semble être "L'homme qui calculait".

Qu'est ce que le conte Maktub?
C'est un conte de Malba Tahan qui démontre la force de la destinée et de la fatalité. A ce point du peu d'informations que j'ai trouvé, je me suis rendu compte que ce n'était pas de l'espagnol ici mais du brésilien(portugais). Je dis donc merci à Google linguistique d'avoir essayé de m'aider à traduire.

Pour la suite, Maktub en arabe veut dire : C'était écrit, çà devait arriver, on retrouve donc bien la destinée et la fatalité.

D'après le conte,tout est écrit dans la roche du tombeau pour l'esclave. Je n'ai pas bien compris la phrase mais j'aimerais bien trouver ce conte. Il doit être pas mal.
Si vous avez plus d'informations, n'hésitez pas à me les donner.

L'ensemble du livre "maktub" de Paulo Coelho, vous l'avez deviné, va donc parler de la destinée et la fatalité.

Quelques petits extraits du livre que j'ai retenu :

Ceux que je n'ai pas aimé :
p27. Lorsque vous avez une douleur morale, transférer là sur vous (physiquement).

Très souvent, l'auteur fait également référence au pardon. Pardonnez à l'être qui vous a offensé. Ce n'est pas toujours l'idéal quand même. Car qui dit pardonner à l'offenseur dit se rabaisser, ceci amène une faiblesse de votre part qui peut être très facilement utilisable par les autres. Je dirai personnellement : "Ignorer celui qui vous a offensé". On ne peut pas toujours avoir des réactions dans un monde qui ne l'est pas.

P.58 L'auteur parle à nouveau du pardon. Mais poutant parfois l'amertume nous aide à avancer dans la vie. C'est parfois grâce à la rage que l'on avance.

Les choses qui m'ont plues :
p.43 Il explique que la durété détruit et la tendresse ou patience fait avancer. Et en effet, cette constatation peut s'appliquer dans de nombreux cas.

p.47 Plus on a peur, moins il faut reporter à plus tard. Il faut retrousser ses manches et affronter la situation.

p.54 Celle-ci m'a fait énormément rire. Un homme va faire son testament chez son notaire et fait la remarque suivante : "Je me suis rendu compte que je ne figurais pas sur mon testament". Profitez de ce que vous avez, vous avez le droit de profiter du fruit de votre labeur, il ne vous servira à rien dans votre cercueil.

p.65 "Justement au moment où j'avais réussi à trouver toutes les réponses, toutes les questions ont changées". J'ai beaucoup aimé cette phrase. N'a t-on jamais eu ce sentiment?

Ensuite, l'auteur évoque parfois ses propres livres dont "la rivière Piedra" et "l'alchimiste". Ca permet de repenser à ces lectures, c'est agréable.

Une autre partie qui m'a plu : "Il ne faut pas avoir honte de pleurer n'y d'avoir peur". C'est comme s'il s'adressait aux hommes qui trouvent que çà fait gay d'éprouver des sentiments.

J'ai aimé la façon dont est traité le rapprochement matériel avec Dieu ( journée de prière, nourriture, acte intéressé). Il est assez satire à ce sujet, c'est appréciable.
Par contre, à d'autres moments il était sérieusement gonflant avec cette éternelle quête vers Dieu.

L'auteur parle également à un moment des sybilles. J'avoue ma totale ignorence à ce sujet et j'ai été émerveillé par ce mot qui sonnait si joliment.
La Sibylle était aussi une femme devineresse ou versée dans la divination. Mais ce mot a plus d'extension que celui de Pythie(Les Grecs donnaient le nom de Pythonisses à toutes les femmes qui faisaient le métier de devineresses), et s'applique par conséquent à un grand nombre de prophétesses. Les Sibylles, dont le nom en grec dorien signifie « volonté de Jupiter », ne furent probablement à l'origine que les prêtresses de ce dieu, mais bientôt leur ministère s'étendit à toutes les divinités et s'exerça même dans les pays éloignés de la Grèce.

La plus célèbre d'entre elles est la Sibylle de Cumes où Apollon avait son sanctuaire sur un antre presque aussi mystérieux que celui de Delphes. Elle rendait ses oracles avec l'exaltation d'une pythonisse, et, de plus, il lui arrivait de les écrire, mais sur des feuilles volantes. Ainsi furent rédigés les fameux Livres sibyllins contenant les destinées de Rome et dont l'acquisition fut faite par Tarquin l'Ancien.

Ces livres, confiés à la garde de deux prêtres particuliers appelés duumvirs, étaient consultés dans les grandes calamités ; mais il fallait un décret du sénat pour y avoir recours ; et il était défendu, sous peine de mort, aux duumvirs de les laisser voir à personne.










Et je terminerai sur un poème d'Antonio Machada que j'aime énormément et qui est repris dans le livre :
"Se hace camino al andar..."
CHEMIN FAISANT...
"En marchant se construit le chemin"
avec Antonio MACHADO

 Marcheur, ce sont tes traces            Caminante, son tus huellas       
ce chemin, et rien de plus ;            el camino, y nada mas ;
Marcheur, il n'y a pas de chemin,        caminante, no hay camino,
Le chemin se construit en marchant.        se hace camino al andar.
En marchant se construit le chemin,        Al andar se hace camino,
Et en regardant en arrière            y al volver la vista atras   
On voit la sente que jamais            se ve la senda que nunca       
On ne foulera à nouveau.            se ha de volver a pisar.
Marcheur, il n'y a pas de chemin,        Caminante, no hay camino,   
Seulement des sillages sur la mer.        sino estelas en la mar.

Traduction de José Parets-LLorca          Antonio Machado 

 Site en espagnol sur Antonio Machado : Ici
Site en français de Paulo Coelho : Ici
lien vers un article sur le livre


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Rédigé par majanissa

Publié dans #roman

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Publié le 20 Mars 2006

http://ecx.images-amazon.com/images/I/315koi7ENAL.jpgSierva Maria a 12 ans lorsqu’elle est mordue par un chien enragé. Les symptômes tardent à venir mais lorsque les premières infections et troubles apparaîssent, on découvre l’impuissance des médecins de l’époque face à la rage. Elle subira beaucoup de traitements, certains censés et d’autres totalement farfelus digne des meilleurs imposteurs qui utilisent la détresse des autres pour se faire remarquer. Puis, Sierva Maria commence à être prise de compulsion, on dit que la rage transmis par l’animal amène la victime à devenir elle même animal. Mais les religieux de ce lieu voient dans ces compulsions la marque du diable. Le marquis de Casalduero est alors contraint d’accepter de faire enfermer sa fille au couvent. Delaura, responsable de la bibliothèque de l’évêché, devient son exorciste. Celui ci tombe amoureux de la jeune fille.

L’histoire se termine en apocalypse. Je n’ai jamais lu une fin si sombre. Elle glace le sang. Mais après tout « les histoires d’amour finissent mal ... en général » (Rita Mitsouko).

Du point de vue de l’écriture, je pensais que ce serait un livre très vite lu et en fait, il m’a fallu pas mal de temps. Les choses ne sont pas toujours dites clairement et il y a une partie de l’histoire qu’il faut déduire entre les lignes. J’ai parfois eu du mal à comprendre la chronologie de l’ensemble et notamment la vie du marquis. Mais une fois cette étape passée, on se régale. L’écriture est exceptionnelle. Certaines scènes qui devraient être pénibles sont décrites avec des mots qui font tourner la douleur des personnages en ridicule ou comique.

Par exemple, Gabriel Garcia Marquez nous explique à un moment, les maux terribles dont souffre la mère de Sierva maria. On devrait avoir mal pour elle, on devrait imaginer une femme se tordant de douleur mais les mots utilisés pour la description nous amène à rire de la scène voir même à nous moquer de cette femme. L’auteur utilise très bien certains mots peu usités et chaque mot semble avoir été scrupuleusement choisi. Félicitation à Annie Morvan pour la traduction qui n’a pas dû être toujours facile mais le résultat est impressionnant.

Du point de vue idéologie, l’auteur retranscrit très bien cette peur des religieux face à ce qu’ils ne connaissent pas et qui sort du comportement « normal ». une victime d’une maladie peu connue et inguérissable à l’époque, devient un être possédé par le diable qu’il faut exorciser. Un médecin devient dans beaucoup de cas un hérétique qu’il faut brûler. Ici, la rage est considérée comme une facette du malin, et si l’on n’arrive pas à sauver le corps, du moins pensent-ils avoir sauvé l’âme. Un peu barbare quand même non? On retrouve d’ailleurs toujours ce genre de stupidités encore de nos jours dans quasiment toutes les croyances. Croire est censé faire du bien aux gens pas les traumatiser, leur faire penser qu’ils sont mauvais, possédés et encore moins leur faire penser qu’ils doivent mourir. Aux gens maintenant, de faire attention à ce qu’on peut leur dire ou leur faire croire, simplement parce que c’est parole de « guide ». A eux de trouver, personnellement, leur idéal et non aux autre de leur « suggérer ».

Quelques passages que j’ai retenu :

(Delaura en parlant de l’Amour) : C’est le démon, mon père, le pire de tous.

(Le beau père du marquis) : Aucun fou n’est fou tant que l’on se plie à ses raisons.

(Delaura) : j’ai toujours pensé que l’Esprit Saint tenait l’amour pour plus important que la foi.

Biographie de l'auteur

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Rédigé par majanissa

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Publié le 12 Mars 2006

Le livre se compose de trois parties. Tout d'abord, Robin, adolescente kleptomane dont la mère rêve de devenir chanteuse de country. Pour réaliser ce rêve, Robin et sa mère déménagent à Nashville, l'Hollywood de la country music. Des milliers de candidates talentueuses espèrent elles aussi réussir et connaître la gloire. Ce qui aurait du changer leur vie va tourner à la désillusion pour Robin.
Dans une deuxième partie, Teal est issue d'une famille riche. Elle est le résultat d'un oubli de prise de précautions et ses parents ne lui cachent pas qu'elle est non désirée. Elle joue à la rebelle qui exaspère les professeurs et qui aime provoquer son entourage. Elle est mal aimée par sa famille, ce qui la pousse à agir ainsi. Cependant, le récit de cette souffrance est très mal raconté et on a du mal à comprendre son sort.On se dit: " pauvre petite fille riche qui a tout sauf l'amour de ses parents..." Les sentiments ne sont absolument pas développés, on ne comprend à la lecture de son histoire pourquoi le fait d'être ainsi rejetée la mène à agir si mal. Et pourtant, à cet âge, une fille a tellement besoin que ses parents soient fiers d'elle, si elle n'a pas çà, pour qui travaillerait-elle? Pour elle? Lorsque l'on est adolescente, on ne la comprend pas. Et ce côté d'abandon est très mal développé, c'est bien dommage.
La dernière partie évoque la vie de Phoebé. Le jour où sa mère quitte le foyer familial, son père faible et lâche, la dépose comme un paquet chez sa tante. On nous sort la rengaine que la nouvelle génération est mal élevée, trop gâtée ect... Oui c'est vrai, mais au bout de la troisième fois dans le livre, çà devient lourd.
A côté de çà, Phoebé, qui vient des quartiers difficiles, va se faire avoir par un groupe de jeunes mâles en rutes et de poufs langues de vipère. Sa naïveté n'est pas du tout crédible.

en bref, trois histoires qui nous font vaguement penser aux "fleurs sauvages" en particulier. Ces trois filles se font passer pour des naïves, faciles et assez cruches sur les bords, c'est peu sympathique pour la gente féminine.
Pour conclure, on lit un remake de VCA sans sentiment très bien développé. Je ne sais pas quel est l'auteur qui a contribué à cette série, j'essaierai de me renseigner, mais çà donne l'impression de déjà lu.
Serions-nous à l'épuisement des idées de VCA? Je ne pense pas car le point positif de ce livre est l'ouverture vers le second tome qui semble prometteur. On verra.

blog sympa avec d'autres avis sur VCA : lana
Le post d'au féminin sur l'auteur : fan de VCA

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Rédigé par majanissa

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Publié le 5 Mars 2006

Maud et Rémi s'aiment depuis l'enfance. Mais dans ce village des Côtes D'Armor en Bretagne, à la veille de la guerre tout n'est pas simple.
Dans une première partie du livre, on suit l'histoire de Maud et sa famille pendant la deuxième guerre mondiale. L'attente des allemands, l'invasion puis l'entente de Pétain avec l'Allemagne nazie. Le retour de Kévin, le père de Maud, fait prisonnier alors qu'il était soldat à Verdun. Ici, nous avons un aperçu de comment s'est déroulée la guerre dans les villages bretons. On entend souvent parler de la guerre à Paris, Bordeaux (avec la bicyclette bleue), à vichy, en Allemagne, en pologne ect... Mais, on a très rarement l'occasion d'avoir des récits du déroulement de la guerre dans les campagnes en province. Dans cette partie ci, on nous conte donc comment se passait la vie pendant la deuxième guerre mondiale dans la ville de Guingamp.
Puis on suit avec l'héroïne, comment la résistance s'est répandue avec les appels de De Gaulle sur la BBC depuis Londres, les enquêtes de la gestapo... On suit également l'avancée du général leclerc, l'échec d'un premier débarquement et enfin l'arrivée des américains à Guingamp.
Ca fait plaisir d'avoir une petite idée de la façon dont la guerre a touché les bretons et également de savoir que la résistance était assez élevée dans cette région. Je ferai d'ailleurs surement un article dessus lorsque j'aurai retrouvé l'hommage aux adolescents résistants de la région de Saint Brieuc qui nous avait été distribué lorsque j'étais enfant.

Dans une deuxième partie, on suit Maud à Paris où elle entame des études. Et ainsi de suite, sa vie se déroule au rythme d'un mariage mais pas avec l'être aimé, puis ses infidélités, les mariages sucessifs de Rémi, ses enfants et ainsi de suite.

Une histoire sympathique, très bien écrite. L'ensemble est particulièrement fluide. J'aime les références aux villes de Guingamp, Saint Quay, Saint Brieuc, la côte de granit rose, Saint Malo. J'apprécie beaucoup ce cadre pour cette histoire.

Une phrase qui m'a interpellée : Mon affection pour vous est acquise, je vous aime beaucoup... Vivez si m'en croyez N'Attendez à demain, cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.
J'ai bien aimé cette phrase qui sortait d'un poème. J'ai donc voulu me renseigner un peu plus et voilà le résultat :
D'un côté, nous avons une référence à Maupassant dont vous trouverez l'extrait ici.
D'un autre côté, nous avons un extrait d'un poème de Ronsard. Après la lecture du bal des louves qui nous a rappelé le poème : "Allons mignonne voir si la rose qui ce matin avait déclose sa robe de pourpre au soleil..."
On se dit, décidément Ronsard aime les roses. Voici le poème entier :

« Quand vous serez... »

Pierre de Ronsard

Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle. »

Lors vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom, de louange immortelle.

Je serai sous la terre et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

J'aime assez chez Ronsard l'utilisation de la rose pour décrire la vie en général. Il y a le côté beauté de la rose, fraicheur, parfum, douceur et en même temps le côté épine, douloureux, se fannant. Déjà, à l'étude de Ronsard au lycée, c'était ce qui m'avait le plus touché.

Ensuite, je n'ai pas bien compris le mélange de références à Maupassant avec Ronsard. Si quelqu'un peut allumer ma lanterne, il est le bienvenu. Quelque chose m'a surement échappé.

Les dernières phrases du livre sont également merveilleuses : Feux de la saint Jean sur la colline, s'y brûlent les papillons...

Le livre est des EDITION DE LA PLOMEE de Guingamp.

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Rédigé par majanissa

Publié dans #roman

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Publié le 4 Mars 2006

Hector rentre de guerre, heureux d'être chez lui et de retrouver sa femme, Andromaque qui est enceinte.
Mais voilà que Pâris, son frère s'est entiché d'Hélène, femme de Ménélas, roi de Grèce. A peine au calme, Hector doit se rendre à l'évidence, une nouvelle guerre s'annonce pour les beaux yeux d'Hélène. Mais en vaut-elle la peine? Aime t-elle réellement Pâris? Pourquoi ne pas la rendre aux grecs, après tout qu'apporte t-elle aux troyens?

Hélène est décrite comme une femme manipulatrice, se servant de la faiblesse des hommes à son égard.

extrait : La petite polyxène
    - A quoi ressemble t-elle la guerre, maman?
            Hécube
    - A ta tante Hélène
           La petite polyxène
    - Elle est bien jolie

Ce passage m'a paru vraiment très comique. Alors qu'Hécube fait allusion à l'aspect intérieur d'Hélène, sa fille, avec sa naiveté et sa simplicité d'enfant voit son aspect extérieur qui est fort joli. Ceci amène un contraste entre la guerre qui est moche mais vu jolie par l'enfant en raison du physique d'Hélène.
Un autre passage qui m'a fait sourir est la guerre par les épithètes. Nos personnages s'entraînent à s'envoyer des insultes prétextant qu'ils sont moins doués dans ce domaine que les grecs et qu'il fait donc y remédier.

A la fin, tout se mêle par contre. Iris apparaît avec des messages d'Aphrodite, de Pallas et de Zeux.
On pense jusqu'aux dernières lignes que la guerre de Troie n'aura pas lieue et en fait, elle se produira pour des raisons totalement ridicules. Une très bonne pièce.

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Rédigé par majanissa

Publié dans #théâtre

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Publié le 4 Mars 2006

Bruce est un homme détestable. Volage, ours, adepte des soirées TV avec alccol et cigarettes. Inatentionné, utilisant les femmes plus pour une question de besoins presque animal que par envie réelle d'un moment de tendresse,  sensibilité et amour.
Après cette vie de débauché, à 40 ans passés, le verdict tombe. Bruce a une défaillance cardiaque qui nécessite une greffe. Celle-ci va lui changer la vie.
Il y a une subsitution de sens dans l'histoire sur le mot "coeur". Bruce va changer du tout au tout. Ses sentiments, ses centres d'intérêts, ses visions de lui-même évoluent. On lui a greffé un coeur mais il hérite en fait de sentiments d'une autre personne. "Coeur" est ici pris au sens "sentiments, émotions". Cette substitution de sens amène un côté humain à cette greffe. Ce n'est pas un homme qui reçoit un nouveau coeur, c'est un être humain qui par son décès offre à un autre la possibilité de vivre (ou survivre). L'apport des sentiments avec le nouveau coeur entraîne un échange, un partage dans cette greffe.

D'un autre côté, le livre évoque la vision de certains hommes à propos des femmes. Vision pas toujours très flateuse. Bruce nous fait partager à un moment l'ensemble de ses conquêtes féminines et les mots utilisés font presque référence à du bétail. Je remercie Tatiana d'évoquer ce sujet dans ce livre. En prenant de l'âge, l'homme s'assagit mais à une période de sa vie, il est épris de conquête et la femme devient objet. La majorité passe par ce cap et çà donne parfois des discussions masculines assez pénibles à entendre pour des oreilles féminines.

Dans une partie du récit, Bruce fait donc le bilan de lui même, de sa vie ect... Puis poussé par les sentiments de ce coeur, il va décider de partir à la recherche de son passé. Il rencontre la famille de son donneur, il visite la vie de cette personne et les émotions ressenties vont le pousser à accomplir 'une action inachevée de son donneur. 

Comme à son habitude, Tatiana De Rosnay sait placer dans ses livres de grandes références (auteur, musique dans Moka, tableau dans ce livre ci, ...). Ces références apportent toujours une touche culturelle, passionnante, émotionnelle plus marquée au récit. Tout au long de cette histoire, le peintre Ucello est omniprésent. Je ne connaissais pas du tout, cela m'a permis de me renseigner. La description des tableaux et du peintre ont grandement éveillés ma curiosité.

Ensuite, au niveau construction du livre, nous retrouvons à nouveau des chapitres très courts qui amènent de la rapidité au livre. L'invraisemblable mêlé à une réalité de greffé est un mélange délicieux, innovent. On en apprend davantage sur l'après greffe, sur les interrogations du greffé par rapport au donneur.
Ces sentiments face à la greffe sont développés d'une manière originale et très prenante voir même particulièrement touchants. On ressent de la gratitude envers le donneur.
J'ai apprécié l'hommage rendu à la défunte, les liens tissés entre la famille du greffé et la famille du donneur.

Merci Tatiana pour ce magnifique cadeau. Je ne regrette décidément pas mon choix. Il est encore mieux que ce que j'espérais.

Bataille de San Marino de Ucello








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Rédigé par majanissa

Publié dans #roman

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