Moka - Tatiana De Rosnay

Publié le 12 Février 2006

Justine est une femme à la vie tranquille et réussie jusqu'à ce jour où un appel va la faire basculer. C'est l'hospital. Son fils a été renversé alors qu'il rentrait cher lui, par un chauffard qui a pris la fuite. Malcom est dans le coma.
Après une première phase d'incompréhension par rapport à l'état de son fils (Qu'est ce qu'un coma? A quoi correspondent les différents degrés de coma? Combien de temps peut-il rester ainsi?), nous avons la scène concernant la déposition de la plainte. On comprend alors dans quelle détresse va se trouver notre héroïne.
Les enquêteurs manquent de personnels, leurs dossiers s'accumulent un peu plus chaque jour. On devine aisément que l'enquête va traîner.
Quoi de plus terrible pour une mère que de voir son fils dans le coma et de savoir que le responsable n'est toujours pas inquiété à cause des lenteurs de l'enquête.
On a une première lueur d'espoir lorsqu'un couple est soupsonné grâce aux témoignages de témoins mais celle-ci tombe très rapidement.
En enfin, grâce à l'indication d'un policier, Justine va savoir. Elle part avec sa fille et sa belle-mère à la rencontre de la personne responsable de l'état de son fils, malgré l'incompréhension de son mari. Mais Justine a besoin de comprendre. Comprendre comment cette personne peut prendre la fuite après un pareil accident. Et comment celle-ci peut vivre normalement avec çà sur la conscience. On suit cette mère sur le chemin de la confrontation avec ce chauffard. On comprend ses hésitations au moment décisif puis elle prend courage et se décide à affronter l'individu qui lui a brisé sa vie, son couple, son fils.
Le dénouement de l'histoire étonne et çà n'en est que plus appréciable.

Au niveau de la structure du livre :
Justine est mariée à un anglais, nous rencontrons donc de nombreuses expressions anglaises. On retrouve également une chanson des Supertramp que je vais m'empresser de réécouter pour vérifier les indications données dans le livre à propos de la chanson et auxquelles je n'avais jamais fait attention en écoutant celle-ci.
Une autre allusion à la culture anglophone est le prénom de la fille de Justine, Georgia en hommage à la chanson de Ray Charles, "Georgia on my mind". Et là, la chanson m'est revenue en mémoire et je revois Ray Charles nous chantant cette merveille. Les autres musiques évoquées me sont par contre inconnues, il y en a une des "Cure" qui a éveillée ma curiosité et que j'essaierai de trouver.

Ensuite, dans mon édition (Plon), chaque chapitre est haché en petits sous chapitres très courts. Dans certains cas, cela rend la lecture plus rapide car çà permet des changements de décors et des personnages très rapides. Dans mon cas, comme je le lisais durant mes pauses, cette strucure m'a également permi de ne pas quitter le livre en cours de paragraphe, ce que j'ai trouvé vraiment très pratique. J'aime beaucoup ces livres où les chapitres sont courts et permettent de quitter et reprendre la lecture si facilement.

Puis, l'écriture est simple malgré le franglais qui a l'avantage d'ajouter du rythme à la lecture à mon avis. L'histoire est prenante. On ressent la douleur de cette femme, de cette mère. On se demande comment on réagirait à sa place. Surement de la même façon voir même peut être d'une manière encore plus agressive et hargneuse envers la police.

En bref, une lecture qui ne traîne pas et agréable à lire. J'ai apprécié les sentiments qui sont bien développés et bien approfondis, notamment la détresse da la mère plus remarquée que celle du père plus discrète. Ceci amène une sorte de froideur de la part du père. Ces différentes réactions apporte une cassure dans le couple car il stagne une incompréhension voir intolérance dans l'expression des sentiments de l'autre. On voit l'importance de s'ouvrir, de communiquer avec sa moitié surtout dans ces situations difficiles. C'est le genre de moment dans un couple où soit çà passe, soit çà casse.

Merci Tatiana pour ce nouveau bijou et j'attends le prochain avec impatience.

Site de Tatiana De Rosnay

Blog de Tatiana De Rosnay

Rédigé par majanissa

Publié dans #roman

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C
La traduction de l'oeuvre de Daphné du Maurier est datée et du coup donne une impression "vieillote" aux romans !!!

Tatiana s'en révolte! (cf son blog)
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M
Oui en effet, la traduction date un peu mais j'avais quand même adoré la lecture de rebecca et de l'auberge de la jamaique aussi. Prochainement, je devrais lire normalement "la maison sur le rivage"
C
Je suis d'accord avec ton analyse ! Et surtout je rebondis à ce que tu dis sur les références musicales, car moi aussi après avoir terminé le livre j'ai recherché chacun des titres en question pour les ré - entendre !!! :D
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M
Par contre, il y a quelque chose que je n'ai pas compris dans le livre. Pourquoi dans la phrase tirée de Rebecca, le passé simple n'est pas approprié? Et pourquoi il y a une version française qui est mauvaise. En quoi la traduction est si mauvaise? Ca m'a rendu bien curieuse çà aussi.