Mots d’amour secret – 100 lettres pour amants polissons - Jacques Perry-Salkow, Frédéric Schmitter

Publié le 3 Mars 2010

C’est rare que Mr Maja et moi lisions les mêmes livres, nos préférences ne vont pas vers les mêmes genres ;). Ce livre était l’occasion pour nous deux d’avoir une lecture commune, de faire un truc ensemble.

Ce livre est composé de courts textes qui prennent exemple de la fameuse correspondance codée entre Georges Sand et Alfred de Musset. Il faut prendre le texte dans tous les sens pour essayer de trouver un message cohérant, coquin, qu’il était nécessaire de cacher. Je ne suis malheureusement pas très douée, Mr Maja l’est bien plus que moi dans ce genre de jeux. Il m’a fallu utiliser les indications presqu’à chaque fois. Je n’ai réussi à trouver que les plus évidents, ça m’a légèrement agacé ;). Ensuite, j’ai trouvé que les textes manquaient parfois de sens pour pouvoir introduire le message caché. J’ai souvent été interloquée par ce manque de fluidité dans certains textes, je me demandais quel était le lien d’une phrase avec la précédente. Le besoin d’avoir un message caché au détriment du texte initial se ressent. De plus, en discutant avec Mr Maja, je lui ai dit que j’avais été lassée au bout d’un moment, je n’avais plus l’envie de lire les lettres. C’était parfois des messages crus, redondants qui m’ennuyaient. Il pense que ce n’est pas un livre qu’il faut lire d’une traite, il faut jouer avec une lettre de temps à autre. Et c’est peut être là qu’on a raté le coche. On a lu le livre l’un après l’autre. On aurait sans doute du le lire ensemble. Chercher les messages ensemble. Jouer ensemble. Mais j’ai une sainte horreur qu’une personne lise le même texte que je suis en train de lire et en même temps que je le lis… Enfin bref, je pense qu’on a mal joué sur ce coup là et qu’on est passé à côté d’un bon moment à deux.

 

J’ai quand même bien apprécié certaines correspondance et notamment celle entre un curé et sa paroissienne.

Ca m’a fait plaisir de pouvoir partager une lecture avec majanissa. Ca ne nous est pas arrivé très souvent !

Pour ce qui est du thème, l’idée du livre est très intéressante et amusante. Il ne faut biensur pas lire le livre en une soirée car au vu du nombre de texte ça devient très vite lassant.

Par contre, prendre quelques minutes dans la journée pour découvrir les doubles sens (voir plus) d’un texte est très agréable.

J’ai quand même quelques regrets sur cette lecture… Je m’attendais à plus de variété dans les différentes lettres. J’aurais même bien vu un thème SMS. On a plus eu l’occasion de placer quelques doubles sens par ses messages très (trop ?) courts. Cet angle aurait mérité d’être exploité, ça nous aurait surtout rappelé de bons souvenirs ;-)

A conseiller tout de même pour des lecteurs à 2

Merci à BOB et aux éditions Points de nous avoir proposé cette lecture.

 

Je ne peux clore ce billet sans mettre la correspondance entre Sand et Musset que j’avais étudié en terminal et que j’avais adoré.

Lettre de George Sand à Alfred de Musset :
 

Je suis très émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puise être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour où je veux me
mettre.

 

George Sand


Réponse d'Alfred de Musset :

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

Alfred de Musset


La réponse de George est une merveille de concision :

Cette insigne faveur que votre coeur réclame
Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.

George Sand

 

Rédigé par Majanissa

Publié dans #roman

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article