Avec mon meilleur souvenir - Françoise Sagan

Publié le 10 Juillet 2006

Après "Bonjour tristesse", découvert grâce au club de lecture d'auféminin et la pièce "Un château en Suède", pièce que j'avais beaucoup apprécié, je découvre ici "Avec mon meilleur souvenir", Sagan racontée par Sagan. Je savais d'elle qu'elle aimait la fête, s'amuser, qu'elle était quelque peu insouciante, qu'elle était une éternelle adolescente. J'ai découvert en plus, une véritable inconsciente que je n'aurais sans doute pas apprécié si je l'avais un jour rencontrée. Je n'apprécie pas ses penchants pour la foire, l'alcool voir plus. J'avais apprécié l'écriture de "Bonjour tristesse" bien que j'avais tout de même déjà remarquée une auteure assez libre mais de là à être détestable, je ne m'en étais pas doutée.
J'ai été étonnée par la construction du livre. Elle parle de ses amis : Billie Holiday, Tennessee Williams, sartre, était-ils vraiment des amis? J'aurais plutôt appelé çà des connaissances mais passons. J'ai été déroutée de ne même pas avoir un paragraphe sur sa famille, ses enfants, ses maris. Elle les évoque mais sans plus. N'était-ils pas assez important pour paraître dans ce livre? Ou ne font-ils peut être pas parti des meilleurs souvenirs.
J'ai eu tout au long de la lecture l'impression d'avoir en face une femme qui cherche à se perdre. Avec l'alcool, le risque, les montées d'adréline. Sa manière de s'amuser ainsi est-elle vraiment signe d'une vie bien vécue? Je ne pense pas. J'ai plutôt eu l'impression qu'elle s'enfonçait davantage au fur et à mesure.
Là où j'ai cru que j'allais balancer le livre, c'est lorsqu'elle parle de la vitesse. Je l'aurais eu en face de moi, je l'aurais giflé. Je cite : "90km/h en ville, 110 sur nationales [...]. C'est un plaisir précis, exultant et presque serein d'aller trop vite." J'ai cru que mes yeux allaient sortir de la tête. Ne pensait-elle toujours qu'à sa petite personne?
En bref, j'ai détesté l'ensemble mais j'ai aimé le passage sur Sartre que j'ai trouvé attachant. Ca me donne bien envie d'essayer au moins un de ces livres. Encore un livre à rajouter à ma PAL.
Je regrette en tout cas, d'avoir lu ce livre car c'était une auteur dont j'appréciais les livres.
Et décidément, j'ai du mal en ce moment à trouver de bons livres. Heureusement que mes deux autres lectures du moment relèvent le niveau : Le dernier royaume de Cornwell et suite française.

Rédigé par majanissa

Publié dans #témoignage

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P 04/08/2012 22:54

Je suis surpris par votre appréciation. La plupart des critiques littéraires s'accordent à considérer que c'est le meilleur Sagan. Pour ma part, je suis un jeune homme de 23 ans passionné par la
littérature, et j'ai ressenti un plaisir intense en le lisant l'année dernière. Sa lettre à Sartre s'avère tout simplement extraordinaire. Ses quelques pages sur la littérature dans le chapitre
final sont éblouissantes et m'ont arraché des larmes de plaisir, je n'ai à ce jour jamais lu des pages aussi belles sur la littérature.
L'ensemble de l'ouvrage se révèle être remarquablement bien écrit; après, peu importe qu'on partage ou non les passions de Sagan pour la vitesse ou le jeu que vous semblez réprouver.
Permettez-moi simplement de citer une phrase extraite du livre:
"Je découvris aussi en lisant Proust, en découvrant cette superbe folie d'écrire, cette passion incontrôlable et toujours contrôlée, je découvris qu'écrire n'était pas un vain mot, que ce n'était
pas facile, et que contrairement à l'idée qui flottait déjà à l'époque, il n'y avait pas plus de vrais écrivains que de vrais peintres ou de vrais musiciens. Je découvris que le don d'écrire était
un cadeau du sort, fait à très peu de gens, et que les pauvres nigauds qui voulaient en faire une carrière ou un passe-temps n'étaient que de misérables sacrilèges. Qu'écrire demande un talent
précis et précieux et rare - vérité devenue inconvenante et presque incongrue de nos jours; au demeurant, grâce au doux mépris qu'elle éprouve pour ses faux prêtres ou ses usurpateurs, la
littérature se venge toute seule : elle fait de ceux qui osent la toucher, même du bout des doigts, des infirmes impuissants et amers - et ne leur accorde rien - sinon parfois, par cruauté, un
succès provisoire qui les ravage à vie".

Comment avez-pu rester indifférente à une prose aussi somptueuse et profonde? Je ne comprends pas.