La cave à charbon - Ruth Rendell

Publié le 25 Novembre 2013

La cave à charbon - Ruth Rendell

L’inspecteur Wexford est en retraite. Lorsque le corps de deux femmes et deux hommes sont retrouvés dans une cave à charbon d’une maison bourgeoise de Saint John’s Wood à Londres, Wexford est enrôlé en tant que consultant par le commissaire Ede.

Je connaissais Ruth Rendell de nom. Elle est une auteure assez productive de polars avec son personnage fétiche « l’inspecteur Wexford ». Cette nouvelle enquête de Wexford est une occasion pour moi de la découvrir.

J’ai bien aimé la mise en bouche. Une maison aux propriétaires successifs qui possède une cave à charbon inconnue des derniers occupants et qui vont regretter de l’avoir mise à jour par hasard. Deux hommes et une femme y séjournent depuis un moment, la mort du quatrième cadavre est plus récente. Est-ce l’œuvre de la même personne ? Pourquoi l’un des hommes avait pour 40 000 livres de bijoux sur lui ? L’enquête de voisinage, des entrepreneurs qui ont visité les lieux sera longue et difficile mais l’énigme ne résistera pas à la perspicacité de Wexford.

Le sujet est vraiment bien. L’écriture et la résolution sont un peu plus brouillons à mes yeux. Tant de personnages, tant de choses nous sont dites par gouttelettes, Wexford revisite certains témoins de nombreuses fois. Tout ça pour des meurtres finalement assez décevants. Pour certains on s’en doute, pour les autres, je ne me suis pas sentie très concernée. L’écriture est vieillotte même si l’auteur veut donner l’impression d’être moderne. Wexford montre qu’il n’est pas porté sur la religion et s’exaspère ou fait remarquer certaines expressions utilisées par Ede. Franchement, on s’en fiche, ça n’apporte que lourdeur au récit. La tenue vestimentaire est du bla bla également bien inutile. Et ensuite le cas de la fille de Wexford qui se fait agresser par son amant qui pourrait avoir l’âge de son fils, chocking chocking mais là pareil on s’en fiche ! Un exemple de couche superflue un peu agaçante : « Si Jason Wardle s’était tué dans cette chambre pour pouvoir toucher Sylvia en bouleversant Ben, il se trompait sur la psychologie de ses contemporains. Sans doute en aurait-il été autrement si Ben avait vu le corps… Et encore, rien n’était moins sur. Jusqu’à quel point les enfant du vingt-et-unième siècle – pour Wexford, ce n’étaient que des enfants – étaient-ils endurcis par toute la violence qu’on leur montrait à la télévision et plus encore sur internet ? ». Ah ma brave Ruth Rendell, c’est sur tout était tellement mieux avant.

Un autre passage rébarbatif : « Il avait eu tort de ne pas écouter Dora, se dit-il. Eviter de prendre position, se garder de tout jugement, ce n’était pas la solution. Un parent devrait toujours exprimer son opinion, quel que soit l’âge de ses enfants même s’il passe en général pour un arbitre tolérant qui ne tombe jamais dans les discours moralisateurs. Il avait été trop conciliant, trop gentil, trop respectueux. »

A croire d’ailleurs que Mme Rendell focalise sur les couples ayant une différence d’âge, il y en a trois dans le livre ! On y ajoute une vieille coche divorcée, un gay sympathique mais persécuté, des clandestins, de la prostitution, des mensonges, ça fait un mélange très cliché et pourtant une lecture assez prenante. C’est une enquête qui se lit bien, qui tient en haleine et Wexford est un bon détective. Donc au final une lecture sympa dans laquelle je ne me suis pas ennuyée mais qui aurait mérité d’être épurée et les meurtres un peu plus recherchés. Moins de moral et de clichés pour plus de polars.

Rédigé par Majanissa

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emma 17/01/2014 22:34

En fait, ce roman est la suite, à mon avis ratée, de "Sage comme un image".

majanissa 20/01/2014 08:04

Je ne connaissais pas ce livre et en effet vu les noms des personnages, La cave à charbon semblerait être la suite. Je serai bien intéressée de livre Sage comme une image du coup.